After Marianne Une musique spatiale tournée vers l’espoir d'un amour éternel

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After Marianne, c’est l’histoire d’un amour qui ne s’éteint pas, un amour qui s’envole et perdure dans le néant même après la mort. Les âmes survivent, les romances sont éternelles. À travers une musique planante et spatiale, le groupe nous emporte dans un tourbillon d’émotions agrémenté d’une cinématographie constante, tant dans nos esprits que dans nos ressentis.

Leur premier EP “It’s a Wonderful Place to Be (Over)” est sorti ce vendredi 14 octobre. Et pourtant, le premier clip du groupe est disponible depuis plus d’un an. Réalisé par Arnaud Ly Van Manh du collectif We are Môvi, la vidéo qui accompagne le premier extrait “Marianne” suit l’histoire de François, 84 ans, à la recherche d’un dernier contact avec sa femme, décédée. Mathilda, à l’origine du projet After Marianne, a été fortement influencée par “Amour” de Michael Haneke.
« La chanson a été écrite après avoir vu ce film qui, pour moi, a été un énorme coup. Ce genre de film où tu ne parles plus pendant trois minutes et la seule façon d’extérioriser ça, c’était d’en faire une chanson”, nous explique la chanteuse. “Ma voix suit celle d’un vieillard qui dirait ces derniers mots à sa femme”.

De là a commencé l’aventure musicale planante et mélancolique. “Tout le monde a des grands-parents et on ne voulait pas de jeunes dans les clips, comme on n’en voit trop souvent aujourd’hui. On voulait toucher un thème universel et Arnaud a su mettre les parfaites images sur les mots et les sons du groupe”. Trois musiciens, une chanteuse, et nous voilà embarqué dans le voyage extra-terrestre d’After Marianne. La voix sereine et mélancolique de Mathilda accompagne les sonorités créées par Augustin (claviers), Théophile (guitare) et Léo (batterie), tous trois membres du groupe Kid Wise.

L’histoire mélancolique d’une renaissance espérée

Marianne peut-elle encore survivre, même après la mort ? L’amour est-il éternel ? After Marianne imagine un au-delà, là où les âmes ne meurent jamais vraiment. “L’EP est conçu comme un petit film, chaque chanson se passerait peut-être dans des lieux différents pour tous se retrouver à l’infini, dans l’infini”, témoigne Augustin. “Après avoir écrit ‘Marianne’, il nous est venu l’idée de rester sur ces personnes âgées et de raconter la fin. L’ordre des morceaux n’est pas anodin. Outre ‘God Speed’, dont le titre provient du nom d’un sample de la Nasa, ‘Take Care’ est le premier morceaux et sans doute le plus naïf”, explique Mathilda. “S’en suit ‘Love is Just A Game’ avec Julien Doré, un morceau conçu comme un échange épistolaire chanté. Enfin, ‘Space’ est le moment de l’envolée dans l’espace”. En effet, ce dernier son termine en apothéose, une délivrance voulue tout au long de ce film imaginaire et qui arrive à point nommé. La disparition de deux êtres ne signifie pas leur extinction. Peut-être renaîtront-ils dans l’espace, peut-être seront-ils réunis à nouveau.

La mélancolie, c’est toujours tenter de retrouver la voie – Augustin

La mélancolie que rejette After Marianne survient inconsciemment, alors même que les inspirations de Mathilda ne reflètent en rien les musiques joyeuses commerciales. “Au niveau musical, on n’écoute pas David Guetta. Moi, les groupes qui me parlent, même au niveau du texte car j’y porte beaucoup plus attention, ce sont Daughter, First Aid Kit ou Sigur Røs. Tout est sombre, froid. Néanmoins, il ne faut pas négliger la petite lumière que dégage ‘Space’ ou même le titre de l’EP. Il faut seulement savoir la percevoir”, raconte Mathilda.

Le côté très méditatif et contemplatif des titres d’After Marianne permet à l’auditeur de créer ses propres films. L’envie de voyage et la neutralité ne font qu’amplifier le désir d’évasion. “Finalement, il se peut que le cinéma inspire bien plus l’univers musical du groupe que la musique en elle-même”, raconte Augustin.

 

© Droits réservés

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Mon Cher Ami,
Voilà quelque temps déjà que vous avez rejoint l’espace.
Parfois, je vous regarde briller.
Peut-être vous rejoindrai-je bientôt
Peut-être trouverai-je dans votre silence
un écho à ma voix ?
Bien à vous,
Marianne

Grands espaces et inspiration nordique pour une musique universelle

Chez After Marianne, il n’y a pas de méthode officielle pour construire les musiques. “La plupart du temps, l’impulsion vient de Mathilda à base d’un piano/voix”, raconte Augustin. “La composition va très vite, contrairement à Kid Wise. Ce sont des compos très fluides, on utilise toujours les mêmes instruments, les mêmes sons, et le même thème : l’espace”.

Le groupe ne cache pas l’envie des grands espaces et son inspiration nordique. “Agnes Obel, Fever Ray, Daughter, Iamamiwhoami… Le point commun qu’ont tous ces artistes, c’est la nature, la perte de lumière. Ça amène à faire une musique très mélancolique en effet, et c’est sans doute pour ça que ce sont les meilleurs”. Le rêve absolu du groupe ? Des dates en Scandinavie ou en Islande. “God Speed” et “Space” témoignent de l’attirance d’After Marianne pour l’espace. “On est toujours sur l’Instagram de la Nasa” nous avoue la chanteuse. “Moi, personnellement, j’ai une immense passion pour la lune. Inconsciemment, on n’a pas grandi à Paris donc on est toujours à la recherche de nos racines”.

 

En concert, After Marianne pousse l’ambiance spatiale jusqu’à la scénographie. Avec leurs chemises bleues agrémentées du logo de la Nasa, les instruments et synthés des musiciens reconstituent l’intérieur d’un vaisseau qui nous transporte de planète en planète. Récemment, ils ont conclu une collaboration avec la marque de vêtements French Rocket, spécialisé dans les motifs intergalactiques.

Finalement, la musique d’After Marianne explore autant l’univers que les émotions de toutes les personnes. Avec une ambiance se voulant universelle, le groupe séduit – jusqu’à Julien Doré – et attire surtout les gens qui savent écouter avec attention, les gens qui ressentent la sincérité, les gens capables de s’évader. Après tout, nous sommes tous des cosmonautes.

After Marianne sera en concert le 18 octobre à Toulouse (Le Saint des Seins) et le 20 Octobre à Paris (Supersonic).

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