DARK SNOOOPY Le Street-Art prend des traits de mystère

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Tombé par pur hasard sur le travail de Gabriel, vingt ans, aka Dark Snooopy, on n’a pas pu s’empêcher de s’arrêter un long moment sur le mystère qui voile l’intégralité de son œuvre. En mélangeant la calligraphie classique et la typographie moderne, le jeune artiste dévoile toute la richesse de ses créations à travers des messages énigmatiques, représentés en lettres ou signes lovés les uns dans les autres, avec pour caractéristique commune la volonté d’unifier chaque observateur, les pacifier à  l’art de la rue.

« On n’est pas un petit bout de quelque chose, j’imagine plutôt qu’une interprétation n’est pas le fruit d’une seule personne mais surement d’une centaine ou d’un millier« . Pour lui, le titre n’a pas de titre, l’œuvre porte le nom qu’on veut bien lui donner, l’idée zéro n’existe pas.

 

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Si les courbes choisies par l’artiste sont souvent très géométriques, sa méthode de création recèle une inventivité sans limite. Il pourrait s’agir d’une fresque de street art moderne, d’un message personnel codé, ou encore d’une nouvelle religion pimpée au rouge et noir, la communication autour de ses projets n’est absolument jamais la même. Il va même plus loin en exprimant l’impression de redécouvrir ses propres travaux sous le regard des autres « Ce qui me fascine, c’est qu’à  chaque fois qu’une personne vient directement s’adresser à  moi, elle imagine toujours quelque chose de nouveau, qui pourra être imperceptible pour un autre, et ainsi de suite. C’est ce qui me pousse à en vouloir plus, à créer en permanence« . En revenant quelques secondes sur le parcours du jeune Gabriel, on comprend que la passion d’embellir des espaces et de démonter l’art pour le reconstruire remonte à  très loin dans le temps.

« Après être parti du lycée, je me suis dit qu’il était temps pour moi de montrer ce que j’avais envie d’exprimer depuis mon adolescence, qu’il fallait s’affranchir des schémas de vie conformes que je respecte mais que je ne voulais pas suivre de la même façon que la plupart des gens qui m’entouraient. Plus tard, j’ai rencontré un professeur en école de design qui a été mon mentor. A force d’inspirations et de discussions, je me suis lancé en ne me donnant aucune marge de succès, et maintenant j’arrive à  démontrer que je suis plus que libre. La rue, c’est aussi synonyme de liberté de mouvement et d’expression, on l’oublie souvent« .

 

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C’est à partir de fragments d’idées qu’aujourd’hui Dark Snooopy expose dans certaines galeries mobiles, ou d’autres qui n’ont d’emplacement que lorsqu’on cherche vraiment à les trouver. À travers le secret, l’énigme et la faim de découverte, on propose volontiers de se perdre ou de se trouver enfin dans une des toiles, dans un des tags du jeune garçon. « Une personne peut exprimer de la colère, ne pas comprendre ce que je fais, mais elle peut aussi ressentir quelque chose de positif, un souvenir, quelque chose qui lui appartient« . Si on avait voulu trouver une meilleure définition, on aurait mis trois heures de plus qu’il aura fallu à sa phrase pour sortir. Devine en quoi il est urgent de parcourir Paris, de s’égarer dans un endroit incartable. Si l’eau à la bouche tu as, trouver le talent tu pourras.

 

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Et comme la rue ou une galerie ne semblent pas lui suffire, dans son esprit de cowboy conquérant du tag, ses envies peuvent s’arrêter sur une table, comme ici, ou bien sur des chaussures ( cette information vous a été présentée par un grand admirateur du textile et du design ). Si le temps le verra sûrement prendre son envol, c’est en grande partie grâce à l’absence de limite, tant bien dans sa volonté que dans l’aboutissement de chacune de ses petits trésors.

« Pour ma part je choisirais Some Minds de Flume, si tu me demandes un morceau pour illustrer mon état d’esprit du moment« . A bord, moussaillon.

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