Foé et Suzane Après Eugénie, la deuxième génération de Faubourg 26

5

Il y a un an, Chad Boccara, créateur de Faubourg26, nous introduisait son projet de boîte de management d’artistes. Eugénie, jeune musicienne alors découverte au détour d’une soirée, incarnait son premier gros accompagnement. Aujourd’hui, après une signature chez Universal et Olympia Prod comme tourneur, elle a effectué les premières parties de Slimane, Vianney, Feder, a chanté pour Chanel, Moët et Chandon, et a fait quelques dates en festival. Eugénie cumule près d’un million de vues sur son premier single « Puis Danse », trois millions d’écoutes en streaming, et affole les radios. Le 8 décembre prochain, l’étoile montante fera son premier concert au Café de la Danse. Chad, quant à lui, a étendu Faubourg 26 en boîte de production. Et deux talents font désormais l’objet de toute son attention : Foé et Suzane. Tous deux sont de passage au studio des Lilas, dirigé par Valentin Marceau, pour avancer sur leurs projets respectifs.

Foé, une voix grave dans un univers intimiste

20446308_10214025529542428_1749517397_o

À 20 ans, Foé a décidé de se consacrer à la musique après ses études d’aéronautique. Chad Boccara l’a découvert sur YouTube il y a un an, alors qu’il y postait des vidéos de reprises musicales « pour ses potes, et uniquement pour ses potes ». Le jeune musicien vient au studio des Lilas pour terminer ce qu’il a créé dans sa chambre toulousaine : un univers mélancolique et planant. Foé est en résidence pendant trois jours. Tout juste signé chez Tôt ou Tard, un label indépendant qui gère également Vianney et Shakaponk, Foé prépare son premier album. « À l’époque, il n’avait que 200 vues », ajoute Chad. « Nous avons discuté pendant plus de trois mois avant de se rencontrer pour la première fois. J’ai compris qu’il était non seulement chanteur, mais également compositeur et réalisateur de son projet. Il avait tendance à chanter en anglais. Après des premières discussions, Chad lui a suggéré de tester le français, et ça a été une révélation pour lui. Il s’est pris d’amour pour la langue de Molière. On pourrait le comparer à Léo Ferré ou Woodkid par le timbre de sa voix. Mais lui écoute davantage Alt-J, AC-DC, Red Hot Chili Peppers ou même du rap américain. « J’ai quand même quelques références classiques. Mes parents en écoutent beaucoup ».

Foé, qui doit son nom à Daniel Defoé, l’auteur de Robinson Crusoé, premier coup de coeur littéraire du musicien, tient à conserver l’intimité de son projet. « Je viens en studio pour peaufiner les titres enregistrés dans ma chambre. Tout construire ici me fait peur. Je n’ai pas envie de dénaturer ce qui m’a inspiré ». Et l’univers de Foé a plu. En tout, ce ne sont pas moins de neuf labels qui ont émis une offre, un cas très rare dans la profession. « Le côté indépendant de Tôt ou Tard a été la principale motivation. Les gros labels peuvent faire peur», raconte Foé. « C’est le côté chaleureux », raconte Chad.  Dès la rentrée, Foé se retrouvera sur scène, et un premier extrait de son album débarquera en octobre.

Suzane, quand Montmartre rencontre DJ Snake

IMG_3332

Suzane n’est pas le contraire de Foé, mais presque. Sa musique, très électro, croise sa voix traditionnelle, proche d’une Piaf des temps modernes, et les drops de DJ Snake. Avec son carré roux et sa veste à fleurs, en harmonie avec des chaussures tout aussi estivales, Suzane pétille, et son projet est un témoignage des déviances de la société. Tout y passe : l’instrumentalisation, les nouvelles technologies, les diktats du corps parfait, et même l’auto-dérision. Sa voix n’est pas conventionnelle et sa musique s’additionne à une danse assez loufoque. Vous l’aurez compris, Suzane est unique, et on le constate rapidement. Quand elle ne chante pas et ne danse pas, la jeune artiste est serveuse. Et c’est de l’observation des clients attablés dans son établissement qu’elle s’inspire. « J’entends beaucoup de discussion. Parfois, il me suffit d’une phrase ou deux pour m’imaginer toute une situation », nous raconte Suzane.

Suzane, c’est l’artiste qui fait le grand écart entre la chanson à texte et la musique de club – Chad Boccara

La genèse de la relation entre Chad et Suzane débute d’un simple mail. Après avoir parlé avec des amis, la chanteuse voulait sortir des maquettes sous forme digitale de sons qu’elle enregistrait de son côté. Elle a donc envoyé un mail à Chad, via la page Facebook Faubourg 26. « On s’est donné rendez-vous au café du Temple. J’avais été très intrigué par ce que j’avais entendu », avoue le producteur. « On a décidé de travailler ensemble au bout de trois rencontres. C’était comme un rendez-vous amoureux . On en est sorti perturbés », justifie Suzane.

IMG_3328

Suzane a commencé par la danse classique alors qu’elle avait tout juste 5 ans. Mais la rigueur qu’impose la danse classique a étouffé sa passion et lui donne envie de retrouver une liberté artistique. Quelques mois plus tard, la perte soudaine d’un ami lors d’un cours de danse fait partie des éléments déclencheurs qui la poussent à troquer les bars du conservatoire pour les pistes de danse de clubs. C’est là qu’elle se découvre une passion pour l’EDM. « Daft Punk, Vitalic… Tous ses groupes ont clairement défini ce que je voulais ». Elle sent l’envie pressante de composer. Suzane commence alors à travailler et rencontre un beatmaker. « J’ai regardé comment il se servait des logiciels, j’en ai appris beaucoup », raconte-t-elle. « J’ai commencé à faire des instrus dans mon coin, et à poser ma voix en français car j’ai toujours écouté des chansons à texte telles que les compositions de Barbara, Renaud ou Piaf. La suite, vous la connaissez ». Sa danse, très scénique, a de quoi en surprendre plus d’un. Une nouvelle étape devrait être franchie en septembre prochain par une signature avec un tourneur et un label, symbole du travail qu’elle mène avec Chad depuis un an.

VIDÉOS. Eugénie ft. Foé – Love (Une production FØLGE)

Devenez un FØLGER
Contribuez aux storytellings de FØLGE et rejoignez la rédaction
Écrivez à contact@folge.fr