Justine Thibaudat Vivre d’amour et de rêves

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Justine Thibaudat fait partie de ces jeunes artistes, encore trop rares, qui trouvent foi en l’héritage des plus grands. De Molière à Alfred de Musset, en passant par les (fous) projets d’Antoine Besson, elle souligne un éclectisme professionnel qui cache une belle simplicité personnelle.

Justine Thibaudat intéresse, intrigue, et fascine. Il aura fallu plus d’un rendez-vous pour obtenir cet article, non pas qu’elle soit compliquée à comprendre, mais plutôt qu’il soit facile de se perdre dans les conversations passionnantes qu’elle propose. Un sourire angélique, une voix douce et suave, Justine Thibaudat révèle un passé riche qui ne pouvait que l’amener sur les planches et les plateaux de tournage. “Avant d’être comédienne, je faisais mes études dans le socio-culturel avec des enfants en difficultés ou des personnes handicapées”. Bénévole à la Croix-Rouge, la jeune artiste ressent ce besoin de s’occuper des autres, parfois au détriment d’elle-même. En poste pendant de longues vacances dans les maisons de retraite “pour payer les choses essentielles de la vie”, Justine souligne la difficulté du métier d’aide-soignante, “alors que l’être humain en fin de vie redevient un enfant. Les maladies, comme alzheimer, sont difficiles à accepter, surtout pour les familles. J’organisais des ateliers avec des personnes, je leur faisais écouter des musiques d’antan comme Édith Piaf. Il faut être forte psychologiquement et physiquement. Je me suis rendu compte que ce métier n’était finalement pas pour moi.

Ozon, Dahan, Alfred de Musset

Pourquoi a-t-elle mis autant de temps à se lancer ? Sa famille, et surtout son père, ont mis du temps à comprendre que son métier d’actrice était une passion. “C’était une évidence pour moi”. Alors elle quitte tout, et décide de venir à Paris. Après quelques années de formation dans divers cours de théâtre, elle s’expérimente sur le terrain. Mais Justine Thibaudat est perfectionniste et cherche toujours à compléter tout le talent qu’elle possède déjà. Inscrite à des cours d’anglais, elle a également décidé de suivre des cours au studio Pygmalion et s’y rend occasionnellement quand elle n’est pas sur les planches ou sur un plateau de tournage.

J’aime rencontrer des réalisateurs qui se battent pour leurs projets. Il y a tellement de pépites inconnues.

Justine commence à connaître les réussites, comme les déceptions. Évincée d’un long-métrage, elle ne perd pourtant pas la motivation et enchaîne les projets. Rêveuse d’un François Ozon qui lui passe un coup de téléphone, elle a eu un déclic devant Huit Femmes. “J’étais fascinée par la manière dont il avait réussi à mettre au cinéma une pièce de théâtre, que j’ai jouée. Je suis aussi admirative d’Olivier Dahan. Le travail entrepris avec Marion Cotillard dans “La Môme” est une des plus belles incarnations au cinéma en France ces dernières années”. Justine Thibaudat promeut les rôles de femmes fortes, digne d’une féminisation positive des grands rôles de cinéma. Marianne dans Les Caprices de Marianne, elle a également joué Saint-Thérèse de Lisieux, “une très grande sainte des temps modernes, décédée très jeune et vénérée dans le monde entier. J’ai pu jouer ce seul en scène en France, New York, Montréal ou encore Vienne”. Les réalisateurs tombent tous sous son charme naturel : Thibaut Buccellato, Pascal Jardel, Sylvain Certain… Le visage de Justine n’est plus inconnu. Ces apparitions télévisées ne font que renforcer sa grandeur, sa légitimité à évoluer dans un métier qui lui va si bien.

Justine Thibaudat reste néanmoins consciente de l’acting aujourd’hui. “Il n’y a pas de sécurité dans ce métier-là. Aucune journée ne se ressemble, il n’y a jamais de routine. Et c’est ça qui me fascine. J’aime rencontrer des réalisateurs qui se battent pour leurs projets. Il y a tellement de pépites inconnues. Je pense particulièrement à Antoine Besson qui, avec sa trilogie Secret, a créé un projet si rare et si précieux. »

Photo de Ben Jenkins

© Ben Jenkins

La science de l’héritage

Le cinéma, Justine Thibaudat a été élevé en sa présence. Fascinée par les caméras dès son plus jeune âge, la comédienne reconnait également l’influence de son oncle, Thierry Thibaud. “Mon père me parlait tout le temps de lui. À l’époque, il était très ami avec Johnny Hallyday. D’ailleurs, tout comme lui, il a changé son nom de famille. C’était monnaie courante. Mon oncle a commencé sa carrière dans ‘Ne Nous fâchons pas’ avec Lino Ventura et Jean Lefèbvre. Malheureusement, il est mort jeune.”

Justine Thibaudat est-elle une actrice qui se prévaut des comédiennes et icônes d’antan ? Pour elle, il est certain que la notion de “star” n’existe plus. Néanmoins consciente de l’outil que représentent les réseaux sociaux, pour elle, ils noient dans la masse.“Ce n’est plus rare d’être acteur. Au théâtre, une journaliste m’avait comparé à Sarah Bernhardt, un des plus beaux compliments. Mais ma philosophie est dans l’instant présent. J’aime la générosité et le partage. J’aime les personnalité singulière. Je suis une hyper active qui a soif de travail et d’incarnation. J’aime vivre d’amour !”

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