SÔNGE Un nouveau monde

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À l’occasion de la parution de son premier EP, on a rencontré SÔNGE, un talent comme il en existe (sûrement) trop peu. Guidée par une electro-pop dévergondée et un R’n’B personnalisé, ce bout de femme ouvre la porte à un monde nouveau orné de couleurs qui collent à la semelle. Rencontre. 

Seule dans sa loge, l’artiste attend les balances pour les auditions du Printemps de Bourges à l’Antipode à Rennes. Passionnée de photographie, on aurait pu la voir dans cette branche, mais son chemin a été tracé autrement. Elle puise son énergie dans les sonorités congolaises et maliennes, qu’elle écoute en boucle. Venue du bout de la Terre, cette finistérienne n’a pas fini de fasciner.

Jeunesse pleine de songes 

«J’évoque les frontières entre le reél et l’irréel»

SÔNGE a débuté dans le game il a très peu de temps. A l’ origine, elle voulait faire de la poésie électronique, c’est-à-dire jouer avec des paroles françaises comme une sorte de rêverie électronique. Le projet touchait plus le sol avec des points d’accroches à la Terre. Dissimuler son univers au carrefour du réel et de l’irréel, c’est ce que tente de tracer cette toute jeune quimpéroise.

«Un cours sur l’impressionnisme m’avait vraiment inspiré.»

Ces chansons sont composées comme un artiste pose de la peinture sur une toile et y laisse sa propre signature. Avec ces mélanges toniques et surréalistes, elle veut réfléchir sur les sens qui se mélangent dans nos têtes. Dans « Colorblind » le sens est à la fois dans l’image et le son : «Je classe les choses en terme de sentiments et d’émotions et non en terme de média : pour moi il n’y a pas la musique et l’image, c’est un tout.» La fête peut alors commencer.

«Je ne dors pas beaucoup la nuit. Je m’intéresse beaucoup à la mythologie.»

Intéressée par la mythologie, elle expérimente, seule, dans sa « petite bulle quimpéroise », comme elle nous le confie. « Mon morceauPhacochère” réunit des bêtes magiques et fantastiques. Les contes éthiopiens, mongoliens, maghrebins, et les films fantastiques, m’inspirent», rajoute  SÔNGE.

Songer à un autre langage

“J’ai dû inventer ma propre phonétique »

Quand SÔNGE n’a pas la langue adéquate, elle en invente une. Bambara (Mali) ? Lingala (Congo) ? Ses influences africaines y sont pour beaucoup, mais difficile de trouver l’origine exacte de ses créations. « J‘ai envie de créer, de ressentir, de rencontrer des gens inspirants, mais je n’ai pas forcément envie de laisser une trace. » Elle nous a même montré la cicatrice de la claque prise lors d’un concert de Banks où elle est restée scotchée ! Sinon elle kiffe vraiment bien « Tommy Genesis, qui la fait bien marrer» Little Simz, avec laquelle elle va jouer au Trianon à Paris (30 Mars). « Elle a un flow mitraillette, elle déchire. »

«Il ne suffit pas de s’enfermer, il faut vivre pour composer.»

On a vite tendance à se retrouver dans une bulle. On sort de moins en moins de chez soi. À Paris, elle reste enfermée. Seuls les réseaux sociaux font parler d’elle. En attendant, le planning est bien rempli :  composer et en enregistrer le futur album. Mais avant, les dates, SÔNGE fera un détour par le Trianon le 30 Mars, Panorama le 7 Avril et les Vieilles Charrues le 15 Juillet.

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